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Endurance en Montagne Ardéchoise

Mayres - Rocher d'Abraham, la plus belle grimpée sportive à pied du secteur?

30 Mai 2015 , Rédigé par Le Bourrin Ardéchois Publié dans #Grimpées à pied

Mayres - Rocher d'Abraham, la plus belle grimpée sportive à pied du secteur?

Trois articles et deux pages en deux mois, le blog peine à démarrer.

Un article est figé à sa date d'écriture. Il exprime un évènement, une prise de position. Il peut susciter des commentaires. A ce jour: aucun. Une page ne peut par structure éditoriale pas en susciter: elle offre une possibilité évolutive, très bien pour, comme ici, des chronos, à ce jour soit à vélo de route soit à pied en côte, mes pratiques; jalons d'une progression, éventuellement stagnante voire régressive. Définitions de parcours de référence, aussi.

Le blog répond d'abord à un intérêt intérieur. S'exprimer. Faire fonctionner sa tête, certes très partiellement. Ce qui s'exerce s'améliore, ce qui ne fonctionne pas se dégrade. Nature. Engendrer de la motivation, aussi.

La mienne fluctue pas mal ces derniers temps. En lien avec le moral.

Grande est l'influence du moral sur mon pédalage. Un coup de blues et la vitesse tombe. Une bonne santé psychique et d'écraser les pédales sans grand effort mental. C'est même instantanée. Une mauvaise pensée et hop, je n'avance plus. ça vous le fait aussi? Faiblesse? L'émotion est couteuse, elle est aussi féconde...

Beaucoup plus faible est cette influence lors d'une grimpée à pied suffisamment raide pour que le seuil ventilatoire soit atteint sans courir. Mystère? Aussi suis-je plus tenté d'aller m'en offrir une quand ça va mal. La réciproque est fausse. L'envie me prend aussi quand ça va bien.

Quitte à se donner un bon coup de pied au cul, plus facile à dire qu'à faire n'est-ce-pas, l'activité sportive est un excellent anxiolytique. Plus sain qu'un médoc chimique du cerveau, et aux effets secondaires autrement plus souhaitables.

Le derrière botté, c'est à Meyras que ce 30 mai 2015 débute l'opération d'oxygénation des muscles et de la tête. Côté ombragé, où l'effort de fin mai activera déjà grandement le système sudoripare de refroidissement. Troisième effet de nettoyage, l'entrée des images d'une ressourçante nature complète la surefficience de l'exercice.

Putain, je suis bien dans cet effort solitaire.

Déclenché la main sur la dure et froide fontaine, le chronomètre mesure la production énergétique, quantité et rendement. Je me concentre sur le geste, un peu. Le bon appui, la poussée vers l'avant, la souplesse de la cheville, la totalité de l'expiration génèrent une légère concentration qui accompagne agréablement la sensation de flottement. Les soucis sont restés en bas. Vivre!

Passé une première côte de 400 m qui se grimpe à la course, le sentier surplombe sur 700 m à plat le Ruisseau de St Martin jusqu'à le franchir à la réussie passerelle du Passadou.

On trouve le parcours sur géoportail, Mayres, carte IGN, echelle 1/17000.

La pente se durcit: il (me) faut marcher. Hormis quelques passages courants, ça va durer une quarantaine de minutes.

Une première partie caillouteuse et découverte amène avantageusement à une longue portion plus terreuse en sous-bois, direction à gauche le Rocher d'Abraham. Abraham comme, dit-on, abrupt, qualificatif de la partie sommitale.

De plus en plus raide, donc de plus en plus... facile! D'y produire un effort.

Je passe l'intermédiaire du grand chemin en 23'40 et débouche au Col d'Abraham en 47'05. La tentation de jouir de la vue est reportée en récompense à la descente S'ensuit une traversée peu pentue à droite sous le Rocher abrupt. Passage de pierriers, vire par endroits vertigineuse (un peu), le coureur se retrouve en 53'52 au pied de l'objectif, à gauche toujours même direction.

Ca grimpe raide, puis très raide entre les pierres. Contrôler le souffle, chercher les appuis type marches, rester concentré sur l'itinéraire pourtant balisé, la victoire du jour est proche. Un dernier embranchement à gauche, une petite descente et un dernier ressaut m'amène au but: la statue Jean Gilly. "I'm the King of the World!". Arrêt du chrono la main sur le métal. Performance athlétique du jour: 1h00'59. Pas le plus important.

Jean Gilly fut une figure historique du sport ardéchois, trop tôt décédé d'un accident d'escalade le 19 juin 2008. La statue nous le présente surmonté de statuettes le magnifiant en courant, à vélo, en canoë, à ski de fond et nageant.

Du grandiose panorama que tu domines de ton aura ne peut que venir une pensée à ton fils Julien à la compagnie autrefois sympathique, demain à nouveau peut-être, "salut Juju!", au reste de ta famille. Ton Ardèche est toujours aussi belle, Jean. L'effort toujours aussi gratifiant. Revivifiant.

Pas de course ni saut ni sautillement à la descente, du fait d'une cheville à protéger. A bichonner. Toujours cajoler ses biens les plus précieux. Ne jamais oublier l'essentiel.

Jamais.

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