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Endurance en Montagne Ardéchoise

Victoire aux 24 heures du Castellet vélo!

29 Mai 2015 , Rédigé par Le Bourrin Ardéchois Publié dans #Courses

Serge PIroux
Serge PIroux

Ce n'est qu'à la mi-mars que l'idée de participer à l'épreuve des 24 heures du Castellet par équipe de quatre germe dans l'esprit de l'un d'entre nous. Une semaine après, l'équipe des Stégosaures est formée. Elle sera composée du marseillais Norbert Ankri, un des tout meilleurs sinon le meilleur grimpeur du pays à 56 ans, qui sait aussi rouler, le lyonnais Serge Piroux, un rouleur d'exception de 52 ans, et des Albenassiens Eric Lapuyade, 52 ans (son blog), puissant triathlète adepte des très longues distances, et Patrick Bernard, 50 ans, rouleur-grimpeur de grosse cylindrée et auteur de ces lignes.

Norbert, Eric et moi sommes des amis de longue date d'une pratique du vélo basée sur la recherche du plaisir par le surpassement sur de beaux parcours, le plus souvent en solitaire. Eric est licencié à l'AC Clapiers sans participer à des courses (dernière épreuve: le terrible triathlon Altriman 2014), je ne suis pas licencié et ne cours plus depuis une grave chute il y a tout juste un an à la cyclosportive Beaume-Drobie. Maîtres à La Pomme de Marseille, le premier en course de côte et le second en contre-la-montre, Norbert et Serge sont des compétiteurs de premier plan. Serge rencontre Eric et moi pour la première fois le matin de l'épreuve.

L'arrivée sur le circuit nous plonge dans l'ambiance. Formalités administratives, derniers préparatifs des vélos, installation des voitures, du campement, des ravitaillements, au paddock, reconnaissance du parcours, premières élaborations de stratégies, l'excitation monte. Notre mascotte Cédric Bernard, 13 ans, assure un rafraîchissant supplément de convivialité.

Trop intrusifs, la musique et un speaker loquace perturbent nos échanges, génèrent une première fatigue dont on se passerait bien, mais c'est la règle dans notre société du bruit. La sono sera heureusement coupée la nuit!

Prévu à 15h, le départ de l'épreuve de 24h se met en place dès 14h30. Le premier relayeur est situé à gauche de la piste, qu'il traversera en courant pour monter sur le vélo tendu par son équipier côté droit. Sont positionnés dans l'ordre, les équipes de 8 coureurs, puis 6, 4, 2 et enfin les partants solitaires. On peut trouver cet ordre injuste relativement à un classement dit scratch regroupant les équipes indépendamment du nombre de coureurs!

Sur un bitume surchauffé par un soleil accablant, le coup de pistolet donné par Richard Virenque libère enfin la meute de cyclistes. Comme prévu, ça part au sprint.

Fidèle à sa réputation, notre premier Stégosaure Serge Piroux prend sa place devant et enchaîne le nez dans le guidon nos premiers tours de 3,814 km et 41 m de dénivelée.

Heureusement très en deça du très fort mistral de la veille, le vent est influent. Globalement, il freine dans les parties montantes et pousse dans les descendantes. Il faiblira le soir, forcira à son maximum en fin de nuit puis faiblira en tournant à l'opposé la partie diurne du dimanche. Le ciel est clair et c'est heureux (sous la pluie, ce serait terrible), la température est de l'ordre de 26 degrés.

Je prends le relais, suivi de Eric puis Norbert. Nous sommes à la hauteur du rouleur lyonnais.

Nous avons opté pour des passages d'une heure et nous y tiendrons.

Cédric surveille l'évolution du classement. Quatre équipes de 6 coureurs nous ont pris un tour, nous sommes juste derrière avec une avance augmentant globalement d'une minute par relais sur l'équipe de 4 des pompiers lyonnais.

Sur le vélo, il est difficile de suivre le fil de la course. Le passage au stand pour le relais occasionne la perte d'une grosse minute, et la constitution des groupes évolue en conséquence. Il y a une part d'aléatoire dans la position à la sortie du stand, et la stratégie des Stégosaures consiste à rouler sans se poser de questions! Bien sûr, on profite par moments de groupes, et notamment de celui des meilleures équipes de 6 qui se livrent une course de marquage avec transmissions de relais entendus de concert, mais le plus souvent en tête de paquet.

Deux équipes de 6 (Sanary) font course commune, en gentlemen, ce qui représente un énorme avantage.

Les organisateurs ont décidé d'un classement absurde, dit scratch, regroupant toutes les équipes quel que soit le nombre de coureurs. Ainsi sont mis en compétition les équipes de 8 (3 relais de 1h par coureur) avec les individuels (1 relais de 24h!)! Il est évident qu'il y a plusieurs courses, une par nombre de coureurs, hommes d'une part, femmes d'autre part (je mets de côté les équipes mixtes), on devrait donc avoir deux scratchs par course (un hommes, un femmes), et dans chaque course les catégories ne devraient être basées que sur l'âge (je crois qu'il n'y avait pas d'handisport). Au lieu de cela ont été créées des catégories folkloriques du type profession libérale ou uniforme qui n'avaient rien à faire dans une compétition cycliste.

Parce qu'il s'agit de compétition, laquelle n'empêche nullement le plaisir. Les équipes sont là pour accumuler le maximum de kilomètres, et de prendre les roues, et de s'attaquer pour les meilleurs, et de naviguer pour mettre les adversaires dans le vent.

Nous estimons à 2/3 la proportion de notre distance effectuée dans le vent, seul ou en tête de groupe, contre 1/3 en sillage. Nous avons lancé environ trois attaques par coureur, et avons couru derrière une dizaine. Chacune fait mal. Il s'agissait bien d'une course de vitesse, à bloc tout le temps. Nous avions des prolongateurs. Serge et Eric étaient très bien posés dessus, Norbert un peu moins bien. Les miens n'ont pas servi à grand chose, le choix sans choix de mini-prolongateurs s'avérant le mauvais sur mon cintre conique imposant une fixation trop centrée.

Sans surprise, ce sont les deux relais centraux nocturnes qui seront les plus difficiles. L'horloge interne est perturbée, l'obscurité demande un surcroît d'attention, le sommeil est très insuffisant (de 1 heure au total pour Norbert et moi, 3 pour Eric, 4 pour Serge) et les jambes alourdies. Mais on tient notre place sans faiblir. Parfois, on allonge le relais d'un tour quand on est dans un groupe rapide. La communication se fait par cris et signes au passage de la ligne.

Un avertissement pour sortie trop rapide des stands nous est délivré; je suis le fautif. Hum, un deuxième nous vaudrait un tour de pénalité, soit environ 6 minutes, un troisième la mise hors course! Prudence! Nous finirons avec 4 tours d'avance.

Bien aidé par le précieux passage entre les mains de sympathiques étudiants ostéopathes à disposition tout au long des 24 heures, un bon point de l'épreuve, de ressentir enfin la proximité de la libération finale nous redonne quelques forces. On sait que sauf incident, nous avons course gagnée. On a beau prévoir d'assurer, chacun de nous se lâchera dans 2 très bons derniers relais, tranquillisé par la présence en tenue d'un équipier dans le paddock.

Cédric est aux anges, on va gagner!

On a gagné!

907 km en 24h, soit 37,8 km/h en prenant en compte les 23 ralentissements et arrêts au stand, 38,8 km/h en les soustrayant; 9700 m de dénivelée.

Les Pompiers lyonnais sont à 15 km.

Trois équipes de six coureurs ont accompli entre 15 et 4 km de plus.

La première équipe de huit coureurs a effectué 899 km (37,4 km/h), celle de deux coureurs 845 km (35,2 km/h), le premier individuel 761 km (31,7 km/h).

Disputée entre 9h et 15h, l'épreuve des 6 h a été remporté par un duo qui a accompli 234 km, soit 39 km par heure.

Les classements sont là, sans le nom de tous les coureurs!

La remise des récompenses n'est pas très réussie. Excentrée, peu dynamique, mal primée (pas de coupes hors les 3 premières équipes de 6 coureurs, mais des bouteilles de vin), bruyante. Notre débriefing et notre séparation resteront plus haut dans nos souvenirs.

Lesquels accorderont une place de choix à notre participation à cet événement. Une belle page de nos histoires cyclistes.

Et pour sûr, une expérience qui nous permettrait de nombreuses améliorations logistiques pour une éventuelle participation à la prochaine édition. Avec pour la moitié ardéchoise, aussi un vrai entraînement ...

Patrick Bernard

Patrick Bernard

Eric Lapuyade

Eric Lapuyade

Norbert Ankri

Norbert Ankri

Victoire aux 24 heures du Castellet vélo!
Victoire aux 24 heures du Castellet vélo!
Victoire aux 24 heures du Castellet vélo!
Victoire aux 24 heures du Castellet vélo!

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Krystal 14/06/2015 20:34

Tu vas avoir un chat Patrick?

Le Bourrin Ardéchois 15/06/2015 17:44

Beau comme un diamant blanc! Dont la place ne sera pas au bord de la piste du Castellet lors de la prochaine édition des 24 heures vélo. Trop sauvage pour cette faune là!

Eric Laurent 11/06/2015 22:55

Bravo les quiquatozaures ;-)

Les chiffres en disent long sur votre performance...

A bientôt sur les routes.

Eric

Le Bourrin Ardéchois 13/06/2015 08:07

Encore une bonne nouvelle que le retour comme lecteur d'un grand ami.
C'est vrai qu'on a fait fort et qu'on a bien tapé dedans. 6 courses de vitesse d'une heure à bloc, ça nettoie. De mon côté, la forme continue de s'améliorer. Cette course sera peut-être un tremplin. Mais il reste du boulot. Et toi, comment tourne le moteur?

Fred Chaize 02/06/2015 13:00

Bizarre... Chaque retour à la ligne a disparu de mon précédent message...

Le Bourrin Ardéchois 24/06/2015 07:27

L'Alpe d'Huez au chrono presque sans entrainement, preuve d'une belle santé! Juste à côté, la Croix de Fer au chrono aussi, en solitaire, c'est tellement plus beau, plus apaisant. C'est elle qui me manque...

Eric 23/06/2015 23:28

Salut Patrick

Le moteur tourne à bloc ! Mais c'est surtout le moteur du rotofil et de la tondeuse à gazon...

Très pau de jours de vélo mais je serai à l'Alpe d'Huez le 1er juillet pour un premier chrono afin de ma chauffer en vue de l'opération promotionnelle qui aura lieu le 25 juillet avec les moniteurs ESF une heure avant les coureurs.

Fred Chaize 01/06/2015 22:58

Pas de pub? Ne la vois-tu pas?
La boulange est derrière. Dommage, mais au moins, tu te seras donné les moyens de tenter la difficile reconversion. Chapeau. Et pas de regrets pour plus tard...
Du coup, j'imagine que quelques élèves ont retrouvé un prof de math atypique...

L'écriture de ton blog est avant tout pour toi même, c'est évident. Que de souvenirs ont pourtant disparus en même temps que la mine d'or que représentait ton premier blog. Quel dommage pour tous tes "fans", et pour toi même. Sauf, et je l'espère pour toi, si tu as pu en conserver une sauvegarde...

Fais nous rêver, Patrick!

Fred Chaize 02/06/2015 12:57

Tout proche du Beaujolais, mon terrain de jeu à moi. Limitrophe avec les monts d'or et pas très éloigné des monts du Lyonnais. J'habite entre Trévoux dans l'Ain, et Villefranche dans le Rhône, porte d'entrée ouest de la Dombes, région bien plate, mais qui finalement a beaucoup de charme grâce à ses minuscules petites routes jalonnées d'étangs, et tellement tranquilles...

Je postais parfois quelques commentaires sur ton ex future sauvegarde (...), mais je devais le faire sous le pseudo fredovélo, de mémoire. Finalement, en ce qui concerne nos identités, je pratique à l'inverse de toi en passant de l'anonymat, à la réalité, mon cher "bourrin Ardéchois"...

Si tu désires avoir quelques réponses à ta "question posée", n'hésites pas...

Les pubs? Rien que sur cette page, j'en compte 5! J'espère que ça ne va pas te donner envie de refermer la boutique... Ils sont vraiment hyper gonflés de publier à l'insu de l'auteur du blog. Je me posais un peu la question en lisant celui de veloblan, puisque ça fait déjà quelques temps que lorsque je clique sur un article, j'ai d'abord une page de pub qui apparaît (spam?). Je trouvais ça un peu étrange de la part de l'auvergnat de laisser faire ça, mais peut-être ne le sait-il pas?

Pour le site de notre club, le webmaster à préféré changer de crémerie, lorsqu'il a fallut basculer sur la nouvelle plateforme Overblog qu'il trouvait lui aussi, d'apparence trop compliquée...

Atypique dans la vie privée, oui ça se voit... Devant les élèves? Ca s'est pas mal lu sur ta futur-ex sauvegarde, oui ;-) ......

Le Bourrin Ardéchois 02/06/2015 08:01

Là tu m'apportes une mauvaise nouvelle! Ainsi donc, ils ont fait ce qu'il fallait pour que sur son ordinateur l'auteur ne voit pas la pub qui apparait sur ceux des autres. A suivre...
"prof de maths atypique". ça se voit tant que ça?
Une sauvegarde existe. Pas tout à fait complète mais précieuse pour ce qu'elle me raconte d'une tranche de ma vie. J'en remercie ici son auteur. La remettre en ligne? La question est posée.
Dans quelle région es-tu?

Fred Chaize 01/06/2015 17:41

Finalement, tu as replongé avec Overblog, et leurs évolutions qui te rebutaient pas Mal? Je me doute que la pub ne dois pas te faire très plaisir... L'aventure boulange fonctionne-t-elle bien?
En tous cas, un grand merci d'avoir ré-ouvert une boutique, certes virtuelle, mais ô combien passionnante!

Le Bourrin Ardéchois 01/06/2015 22:27

Hé, pas de pub sur ce blog. Donc, pas de revenus. Ouais!
L'ouverture de cette boutique virtuelle a pour premier bénéficiaire moi-même. Je m'épancherai un peu plus sur mes raisons un de ces jours.
Quant à la boulange, elle est derrière moi. A ce jour...