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Endurance en Montagne Ardéchoise

Je ne lâche pas la course à pied!

14 Novembre 2015 , Rédigé par Le Bourrin Ardéchois Publié dans #Sorties course à pied

La neige approche, le vieux pont sera passé encore et encore dans la joie et l'allégresse

La neige approche, le vieux pont sera passé encore et encore dans la joie et l'allégresse

écoute...

"Le plaisir se ramasse, la joie se cueille, le bonheur se cultive". Bouddha.

Très éprouvante avait été ma première expérience de trail relatée dans cet article. Certes, ma performance et plus encore mes sensations n'étaient tout de même pas de mon niveau, et j'ai rapidement trouvé les explications à ce fiasco. Pour autant, ce niveau n'était pas bon, mes sensations habituelles non plus, et certainement trop loin de celles sur le vélo. Quand même!

C'est un fait que j'aime courir quand ça monte, plus encore quand la pente est si raide qu'elle contraint à la marche même au seuil ventilatoire. C'en est un autre que je ne renonce pas à aimer courir aussi quand le parcours est vallonné, et pourquoi pas plat, sur les chemins quadrillant nos belles montagnes. En août dernier, des sensations un peu meilleures m'avaient entrouvert la porte de ce plaisir.

Ce ressenti s'est enfin à nouveau offert à moi hier!

Au départ de St-Cirgues en Montagne, sous ce beau soleil levant de cette fin d'été qui n'en finit pas de se prolonger, c'est avec une grande envie de construction, de constructions, que je repart enthousiaste devant le panneau figurant la carte des randonnées du secteur.

Quelques centaines de mètres pour sortir du village et l'attaque des grandes pentes du coteau sud me met dans le bain. 250 m de dénivelée d'entrée, ça chauffe, et de me retrouver torse nu le maillot à la main en ce matin d'un beau jour de mi-novembre. Tiens, un vendredi 13. Bof.

Le parcours s'élève en vis-à-vis de la récente et jolie cité scolaire, auquel j'adresse un double coucou, jusqu'à la Croix de Fiance où débute une longue et sympathique traversée sur la crête vers le Bois de Bauzon. La foulée se développe bien, les principes de course à pied chers à toi, Eric, s'imprègnent. L'occasion de penser à toi, et au défi basique des 10 km dans l'heure que tu m'avais posé, il y a un an déjà.

6 minutes au kilomètre, évidemment ce n'est rien pour beaucoup de coureurs à pied. Pour toi lecteur peut-être. Garde-toi de te moquer, il se pourrait bien qu'un jour assez proche tu te retrouves derrière le Bourrin Ardéchois dans un classement. Et pas sur un vélo.

Car le laborieux cheval ne lâche pas comme ça, et malgré un terrain par endroits difficile, le temps moyen au kilomètre s'affichant sur le compteur décroît régulièrement vers le seuil maintenant visé.

Entré dans la Forêt de Bauzon, la piste assez roulante, terme de course à pied aussi, a laissé place à un chemin où les feuilles masquant les cailloux obligent là à viser les pierres émergentes, ici à zigzaguer à la recherche des secteurs de terre apparente. Il n'y a par endroits pas d'alternative, l'enfoncement des pieds dans la végétation feuillue desséchée contraignant à une attaque talon la plus légère possible, ce qui est plutôt contradictoire, le pas d'autant plus ralenti que, passé mais non franchi la ligne de partage des eaux, la pente est maintenant descendante toujours côté bassin atlantique, ce qui n'est pas bon pour l'objectif de vitesse dorénavant bien établi.

Sorti du bois à Lalligier, le pas est relancé vers le graal du jour sur la crête orientée plein azimut sur St-Cirgues dont l'image grossit. Il reste une descente et le plat final quand la montre indique 5'59 de temps moyen au kilomètre.

C'est gagné? Non! Parce que cette descente est raide, caillouteuse et qui plus est encore gelée. Vu de personne, le tableau du Bourrin torse nu dans le labour blanc existe-t-il? Le voilà raconté... L'attendu gain de vitesse moyenne dans la perte d'altitude est paradoxalement remplacée par une perte. J'arrive à la route sortant du Tunnel du Roux en 6'04 au kilo. Il va falloir cravacher sur les deux dernières bornes à plat, sur route fastidieuse essentiellement, sur agréable sentier accessoirement.

L'envie est là. Ragaillardi par la présence affectueuse du Collège de la Montagne Ardéchoise, je me concentre sur le geste de poussée, sans besoin de serrer les dents tant, enfin, l'effort est agréable malgré bientôt 1h20 d'effort, tant est motivant l'égrainage des secondes au kilomètre gagnées. 6'03, 6'02, 6'01, 6'00, 5'59, le seuil arbitraire est à nouveau franchi à quelques encablures du but. Pas question de lever le pied.

L'arrivée est au même endroit que le départ. Elle est rejointe en 1h19'29, temps Strava pour 13,37 km et 324 m de dénivelée positive, donc aussi négative. Enregistrement qui permet d'envisager de nouvelles éditions. Elles seront nombreuses. Dans la joie.

5'57 au kilomètre, sur plus d'une heure, l'objectif est atteint, Eric, avec qui plus est de la dénivelée, de la caillasse et des tapis de feuilles, le Bourrin peut hennir et bien sûr on s'en fout.

La perf est banale, évidemment, quelconque peut-être pas. Ce jour, elle me satisfait. N'est-ce pas l'essentiel? Non! L'essentiel, c'est d'y avoir pris plaisir.

Un petit essentiel contribuant à un essentiel bien plus grand encore...

Respirer. Construire. Juste construire. Ramassons, cueillons, cultivons...

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Eric 22/11/2015 15:26

Dans ma nouvelle ancienne vie, et après n'avoir pas mis les chaussures depuis 15 jours, j'ai repris les sorties entre midi et deux avec les copains. 13 kms mardi, 17kms jeudi, qui m'ont montré qu'il faut que j'arrête de glander et que je reprenne un rythme plus régulier, parce que je ne suis plus à mon niveau. No pain, no gain. Du coup, inscription de dernière minute au trail de Mireval, dans la gardiole, petite montagne au bord de la mer. 25 kms, 650m D+, l'hiver est arrivé d'un coup cette nuit, 5° plus du vent assez fort, alors que j'étais encore en court/débardeur jeudi. Pas de torse nu pour moi, mais collant long, sous maillot + maillot manches longues + coupe vent. Bien dans les zones exposées, trop chaud dans les passages abrités. Après un départ prudent sur la première moitié du parcours, je me lâche un peu plus sur la suite, sauf quelques descentes raides très rocailleuses où je n'avance pas (je suis pour qu'on retire les descentes des courses, à pieds ou vélo, ou alors on autorise la descente en deltaplane). Je finis en 2h40. Hé Bourrin, t'as couru plus vite que moi.

Bon, je suis content que tu sois content. Rappelles toi: l'activité physique, quand c'est du sport, ce n'est que pour le plaisir. Parfois, le plaisir est dans le chrono, mais il faut alors savoir pourquoi et comprendre qu'on cherche alors à se rassurer sur notre faiblesse. Ce n'est pas facile et je continue aussi à regarder les classements.

Le Bourrin Ardéchois 23/11/2015 07:00

Assumons nos faiblesses. Content que tu tiennes quand même 25 bornes (avec de la bosse). Tu imagines l'arrivée de l'hiver sur le Plateau Ardéchois! Course à pied dans la neige hier (moins habillé que toi en bas, mais quand même tout couvert, plus bonnet et gants). Ca va moins vite, quand ça enfonce!

Olive 15/11/2015 20:07

Belle trilogie en perspective pour te combler 365 jours sur 365 jours ..... De mon côté toujours pas dompté la CAP ! toujours un souci ...actuellement c'est le pied droit qui m'en prive ... une IRM est prévue fin du mois pour comprendre .....d'après le médecin fracture de fatigue au pied ..mais comme toi je ne lâche pas l'affaire ;-)

Le Bourrin Ardéchois 23/11/2015 07:01

Sportif à la hauteur d'Olivier, à le comprendre et comprendre son organisme d'exception, ça ne court pas les rues!

Eric 22/11/2015 15:39

Une fracture de fatigue, à moins de 100 kms/semaine plusieurs semaines de suite, ça me paraît peu probable. C'est étonnant comment un médecin qui n'est que médecin n'y connaît rien dans les sports d'endurance. Change de médecin, trouves en un qui soit lui même sportif...

Le Bourrin Ardéchois 16/11/2015 07:00

La fracture de fatigue à la cheville voire au péroné ou tibia ou pied arrive en course à pied. Je m'étais informé au printemps dernier quand j'avais de tels soupçons. Cette pratique diffère du vélo par son côté traumatisant. Je dirais qu'à chaque pas on se fracture un tout petit peu les os porteurs, et que jusqu'à la prochaine séance l'organisme répare un petit peu plus solide. Un bon investissement pour l'avenir! Sauf que, selon les individus (et leur gabarit), on peut "en vitesse" dépasser les capacités de régénération: plus de traumatismes que de réparations. Et on va à la fracture. Je persiste, Olivier, pour t'orienter vers l'effort en montée la plus raide possible et la descente en marchant. Sûr en plus que tu vas adorer (et performer). Ca nécessite des approches en voiture, très courtes par chez toi.

Pattes Bleues 15/11/2015 08:03

Eh ben cela fait plaisir de te lire, après tant de semaines d'abstinence, même si la consultation de temps en temps de ton profil sur Strava, permet (d'essayer) de te suivre...
Bon on va donc pouvoir bientôt partager des moments de sport running aux pied alors, puisque tu sembles y prendre finalement pas mal de plaisir. Dans 2 semaines aux 10km de Tournon, seul 10km officiel de ton département adoré ? !!

Le Bourrin Ardéchois 15/11/2015 11:13

Je n'y serai pas, mais une autre fois certainement, plutôt en trail. Je maintiens une condition correcte, et ai maintenant envie de ski de fond en plus du vélo et de la course à pied qui commence à m'amuser. Et il y a tant d'autres choses plaisantes à vivre, profitons...