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Endurance en Montagne Ardéchoise

Les 24 heures vélo du Castellet 2016

5 Juin 2016 , Rédigé par Le Bourrin Ardéchois Publié dans #Courses

Eric Lapuyade, Patrick Bernard, Norbert Ankri, Serge Piroux, Jérémie Carabasse, Pascal Petit, Andrew Scheyer, Ludovic Desseaux. Devant: Cédric.

Eric Lapuyade, Patrick Bernard, Norbert Ankri, Serge Piroux, Jérémie Carabasse, Pascal Petit, Andrew Scheyer, Ludovic Desseaux. Devant: Cédric.

Du génie

Les miracles peuvent-ils se reproduire?

Bien sûr, ce n'est pas Paris-Roubaix que nous avions gagné il y a un an. Bien sûr, nous n'avions pas démontré que pi et le nombre de Neper sont algébriquement indépendants, ou non, ni écrit de roman même au passé d'où avait disparu la lettre e. Bien sûr nous n'avions pas grimpé le Mont Ventoux en moins d'une heure.

Il n'empêche, c'est bien un évènement à notre mesure prodigieux que nous étions parvenu à forcer ce week-end des 16 et 17 mai 2015. Nous, des coureurs de fortune de 55, 52, 52 et 50 ans avions à la pédale remporté la victoire aux 24 heures du Castellet par équipes de quatre.

Les artères usées d'une année supplémentaire, sans aucune compétition dans l'intervalle pour deux d'entre nous, à peine quelques-unes pour les deux autres, allons-nous reproduire le miracle ces 28 et 29 mai 2016?

La question ne se pose pas lors des retrouvailles de l'équipe sur le parking du célèbre circuit automobile provençal: il y a du pain sur la planche!

L'installation, les démarches administratives, la redécouverte des lieux, l'élaboration d'un minimum de stratégie, la mise en place d'une logistique toujours aussi rudimentaire, notre équipe retrouve les marques qu'elle avait laissées le temps d'une révolution terrestre.

Alors que, encore trop jeune pour participer, notre mascotte Cédric profite de l'ouverture matinale du circuit pour pulvériser son temps au tour et l'abaisser à 6'51, c'est avec émotion que chacun redécouvre les solides et inchangées personnalités de ses équipiers de la formation des Stégosaures. Dans l'ordre de départ, c'est donc reparti pour un tour d'horloge, et quelques dizaines de tours de piste, pour Serge Piroux, Patrick Bernard, Eric Lapuyade et Norbert Ankri.

Nous nous sommes liés d'amitié avec une autre équipe de quatre, les LRAC, de sacrés clients avec les trois phocéens Ludovic Desseaux, Andrew Scheyer, Jérémie Carabasse, et le Lyonnais Pascal Petit. Une bête à rouler, un amerloque increvable, un tout terrain au gros coeur et un coursier de talent. On se promet une certaine solidarité, dans l'inévitable concurrence.

Une grande interrogation pèse: pleuvra-t-il? Avec quelle intensité? Le tonnerre? Météo France est pessimiste pour une nuit dont la menace est assez effrayante.

Donné sous un chaud soleil à 15 heures, le départ est comme l'an passé pris sur les chapeaux de roues. Serge Piroux prend le bon wagon, pas Pascal Petit moins bien placé sur la ligne.

Toujours aussi efficace, Serge me passe le relais à 16 heures. Mauvaise surprise, les gars du groupe de tête ont prolongé leur effort et, sans échauffement, me voilà seul en chasse. Je rentrerai, après 3 tours de feu, pour emmener un tour plus tard afin de repousser ceux de derrière: la course est bien lancée!

La succession des passages de témoin, une puce électronique, nous fait perdre le fil de la course, dont le classement évolutif sur écran est difficilement lisible. Jusqu'au début de la nuit où nous comprenons qu'une équipe nous a pris un tour, les LRAC restant un demi-tour derrière nous.

Très dure est cette nuit. La fatigue, l'obscurité, les horloges biologiques perturbées, l'alimentation, la grande difficulté à dormir, sont des aspects prévus qu'on gère tant bien que mal. La pluie est de trop.

Débutée à minuit, elle durera 11 heures, avec des intensités variables. Chez nous, Norbert est globalement le plus arrosé, il essuie les deux orages, tandis qu'Eric hérite du pire relais sous le déluge de 9 heures à 10 heures. Nous nous concentrons sur l'essentiel: ne pas chuter. Avec succès!

Au retour de la lumière, à 10 heures (!), les comptes sont implacables. L'équipe GPD Med a pris le large et gagnera sauf incident. Les LRAC, "lance roquettes anti char", nous précèdent d'un tour. Nous sommes 3èmes avec une avance confortable sur les 4èmes.

Bien que j'essaie d'insuffler la volonté de reprendre la 2ème place, de changer de stratégie, de nous battre plus encore, mes équipiers sont résignés. Une certaine crainte quant à mes capacités foncières m'empêchent de faire preuve de suffisamment d'autorité.

Crainte justifiée puisque mon sixième et dernier relais est après une demi-heure marqué par un début de défaillance. Mes jambes flagellent, la vitesse tombe, le temps au tour augmente. Bien entendu, j'ai immédiatement vidé mon bidon sucré. L'acte est plutôt efficace, puisque je retrouve des jambes après trois tours de faiblesse. Mais je n'ai plus la gnac pour allonger mon effort d'une heure à une heure et demie, comme je l'avais annoncé possible. Je renonce à mon tour. Je l'avoue maintenant: j'avais pris ce relais avec l'envie de renverser la vapeur. Après un demi-tour, une fusée me dépasse en injection dans la montée. Son dossard révèle qu'il s'agit d'un gars engagé dans une équipe de 6 sur la course de 6 heures, il est donc tout frais pour un unique relais d'une heure. Je le prends en chasse mais reste un horrible tour et demi en équilibre à quelques dizaines de mètres, sans parvenir à rentrer. Il faut avoir pratiqué la compétition cycliste pour savoir. Souffle repris, suivra la défaillance.

Troisième nous terminerons donc, avec 235 tours contre 236 l'an passé par temps sec. Quatre tours derrière l'équipe GPD Med, un derrière les LRAC. Double bravo!

Résultats ici, à la présentation à nouveau décevante (jusqu'à l'absence du nom des coureurs). Leur proclamation et la remise des prix sont carrément ridicules, reproduisant en pire les erreurs de la première édition.

Au bilan, nous avons parcouru 903 km, soit une moyenne de 37,54 km/h passages au stand inclus, 38,1 km/h sur la piste, et grimpé 9640 m de dénivelée.

Il n'y a pas eu de miracle, mais mieux encore: de l'amitié. Un souvenir qui comptera dans nos vie.

Personnellement, j'ai roulé 6h38'55 dont stands, 6h29'55 sur la piste, pour une distance de 257,3 km dont stands soit 38,71 km/h, 254,3 km sur la piste soit 39,14 km/h, et un total de 2750 m de dénivelée.

La séparation est sympa.

Une nouvelle participation? A l'étude!

10h. Magnifique cliché d'Eric à la fin du relais du déluge.

10h. Magnifique cliché d'Eric à la fin du relais du déluge.

Patrick (en 2ème position)

Patrick (en 2ème position)

Eric (en 3ème position)

Eric (en 3ème position)

Patrick (tête baissée)

Patrick (tête baissée)

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Eric 10/06/2016 15:34

Félicitations à vous quatre et à Cédric !!!

Norbert à dû être gêné par la pluie... Lui qui n'y voit déjà pas très bien...

Des quinquas qui ont la frite !!!

Le Bourrin Ardéchois 11/06/2016 07:53

Merci Eric, un autre de mes lecteurs et commentateurs. Peu nombreux mais fidèles, là est la valeur. Bien qu'il fut globalement le plus touché par la plus, Nono s'en est plutôt bien sorti sous l'arrosoir et en a tiré satisfaction. Et voilà qu'une semaine plus tard il était au bord du désespoir de ne grimper le Ventoux qu'en 1h14! Mais rassure-toi, c'était juste un mauvais jours, il a regagné 20 Watts depuis.

Pattes Bleues 07/06/2016 22:46

Ah cela doit être un sacré spectacle sur la piste et dans les stands ! Bravo à toute la Team.

Eric 16/06/2016 00:13

PS : un petit bonhomme avec des cuisses musclées comme un cheval et les neurones en perpétuel bataille !!!

Est ce qu'il dormait entre deux relais où avait il encore la force de parler ?

Presque aussi bavard que moi...

Eric 16/06/2016 00:09

Sacré Nono. Là, je le reconnais tout à fait :)

Ne cherche pas ailleurs les raisons de ses performances hors normes. Un drole de bonhomme.

Ce weekend, nous êtions au Dauphiné :
http://glisseavecplaisir.blogspot.fr/2016/06/les-coulisses-del-loperation-de.html

Le Bourrin Ardéchois 08/06/2016 10:02

Pas mal comme ambiance effectivement. Merci à toi et Olive, fidèles lecteurs et commentateurs!

Olive 05/06/2016 20:45

Un an de plus et un tour de moins et par une météo épouvantable .... Pas encore foutu les quinquagénaires ! Bravo à vous quatre et à Cédric :-))))

Le Bourrin Ardéchois 08/06/2016 10:01

Le Métronome de St Marcellin aurait eu sa place sur ce circuit pas tout plat!