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Endurance en Montagne Ardéchoise

Où es-tu passé, Plateau Ardéchois?

29 Septembre 2015 , Rédigé par Le Bourrin Ardéchois Publié dans #Divers

19 juin 2012, la prise, 9 septembre 2013, l'envoi, et tant de passages ensuite

19 juin 2012, la prise, 9 septembre 2013, l'envoi, et tant de passages ensuite

Tour de France 1951. Le suisse Hugo Koblet est impérial. Au cours d'une des dernières étapes disputée sous la canicule, il demande un peu d'eau au toscan Gino Bartali. Dédaigneux, Gino le pieux saisit son bidon, boit une gorgée et déverse le reste sur la route. Quelques jours plus tard, lors d'un contre-la-montre d'une centaine de kilomètres, le Pédaleur de charme rattrape l'italien parti quelques minutes avant lui. Celui-ci n'a plus de bidon. Le suisse saisit l'un des siens, presque plein, et sans un regard le dépose avec dextérité dans un porte-bidon de son adversaire avant de filer vers un nouveau triomphe.

Acte de grande classe d'un cycliste qui en était particulièrement pourvu selon la légende du vélo qui fourmille de telles anecdotes, plus encore à sa belle époque des années 1950? Acte de provocation du triomphateur qui, on peut se poser la question du geste de Bartali, écrase plus encore un adversaire qu'il avait déjà méprisé? Méchanceté naturelle de l'italien dont la réputation de bonté ne serait que construction médiatique? On peut se poser de nombreuses questions mais nul ne saura jamais la réalité des faits et des intentions, qu'il est tellement plus sympa de légèrement mémoriser dans la naïve beauté d'un sport de surhommes disputé par de faibles hommes divinisés. Dans son magnifique film "L'homme qui tua Liberty Valence", John Ford fait dire cette savoureuse réplique au personnage Tom Doniphon, joué par John Wayne: "la légende est plus belle que la réalité? Imprimez la légende" ("This is the West, sir. When the legend becomes fact, print the legend").

Dégustons.

Fermons les yeux, voyageons en 1951, et imaginons au sens propre les deux scènes. Koblet, Bartali, les attitudes, le geste de Gino, celui d'Hugo, la vista. Et hop. Waow!

Ce n'était que du vélo.

On a tous ses histoires, tous ses réalités, tous ses légendes. C'est tellement plus joyeux, souvent, d'imprimer les légendes dans son disque dur cérébral. A en faire des vérités. Ca allège.

Certaines sont douces, tellement douces. Choyons les, ne les laissons pas corrompre par des supputations malsaines qui nous empêcheraient de continuer à en construire de nouvelles, nous interdiraient les joies futures. La vie se distingue de la survie par la joie. Laquelle est, aussi, une envie, un choix même.

Regarder et reregarder "L'homme qui tua Liberty Valence", "La vie est belle" de Frank Capra, toujours avec l'acteur James Stewart l'inoubliable "Monsieur Smith au sénat", s'offrir "Itinéraire d'un enfant gâté", notre dernier film, trois mois, un été, relire "un Accord Toltèque", faire le choix du sourire.

Ici et là.

Là, à Bourlatier, mon dernier passage: une apparition. Le temps s'était arrêté. Le sourire de Bourlatier. A jamais imprimé. Plus d'un mois déjà. Une éternité, si proche. Le temps file. Plateau Ardéchois, tes fantaisies me manquent. D'autres se construisent. Là et ici.

Ici s'est arrêté au Bois de Cuze, hier matin. A son orée, où le Plateau commence. Demi-tour. Bien sûr, le Col de Juvinas, Thieuré, les monts et vaux de la châtaigneraie déjà cévenole, à mi-hauteur, c'est chouette à promener, comme ce doit l'être à y vivre.

Wembley, match international, un geste d'une maitrise exceptionnelle au service de la fantaisie. Merci aux bouffons!

Dernière séance

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JEAN PAUL 30/09/2015 08:06

Hello Comrade !


Oui la légende peut étre plus belle que la réalité mais contrairement à ce que disait le responsable du journal ( et non pas Tom Doniphon - John Wayne ) à son employé à la fin de "l'homme qui tua Liberty Walance " mais ce n'est pas toujours le cas ...

Hugo avait l'arme absolue : il plaisait . Gino n'était pas séduisant , son physique n'embellissait pas la qualité de l'homme et pourtant :



Le coureur italien Gino Bartali reconnu "Juste parmi les nations"

Le Monde.fr avec AFP | 24.09.2013 à 14h38 • Mis à jour le 24.09.2013 à 17h44


Le champion italien Gino Bartali, un des héros de l'épopée cycliste du XXe siècle, a reçu lundi à titre posthume la distinction de Juste parmi les nations, la plus haute décernée par Israël à ceux qui ont sauvé, au péril de leur vie, des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

"Pendant l'occupation allemande de l'Italie [à partir de septembre 1943], Bartali, un fervent catholique, faisait partie d'un réseau de sauvetage conduit par le rabbin de Florence, Nathan Cassuto, conjointement avec l'archevêque de Florence, le cardinal Elia Angelo Dalla Costa", lui-même reconnu Juste parmi les nations en 2012, a expliqué Yad Vachem, mémorial consacré au souvenir et à l'étude de l'extermination des juifs d'Europe.


"Gino Bartali servait de messager au réseau, dissimulant des documents falsifiés dans sa bicyclette et les transportant entre les villes, sous le couvert de son entraînement", précise Yad Vachem dans un communiqué, soulignant que "Bartali a sciemment risqué sa vie pour sauver des juifs", dont plusieurs centaines ont conservé la vie grâce au réseau, selon la même source.

Cette reconnaissance couronne la mobilisation de la communauté juive d'Italie, en particulier de sa ville de Florence, qui a permis de recueillir des témoignages directs manquant jusqu'alors pour faire avancer le dossier.

DOUBLE VAINQUEUR DE LA GRANDE BOUCLE

Double vainqueur du Tour de France (1938 et 1948) et triple vainqueur du Tour d'Italie, Bartali, mort en 2000, avait gardé le secret sur cette partie de ses exploits. Membre de l'Action catholique, il n'avait jamais dissimulé son aversion pour le fascisme, même si son succès dans le Tour 1938 avait été exploité par la dictature mussolinienne.


Sous couvert de sorties d'entraînement, il quittait régulièrement son domicile florentin pour se rendre à Assise, en Ombrie, mais aussi à Gênes et dans les Abruzzes, des trajets de plus de 350 kilomètres aller-retour.
Il faisait le tour des couvents, dissimulant dans la selle et le cadre de son vélo des photos et autres documents pour établir de faux papiers.

La distinction de Juste parmi les nations a été décernée depuis 1963 à plus de 24 000 personnes de 44 pays. Les titulaires reçoivent une médaille, un diplôme officiel et leur nom est gravé sur un mur dans la forêt de Jérusalem, aux abords de Yad Vachem.

Bien sûr j'ai un faible pour Gino mais je connais son caractére qui lui fit ordonner à la squadra d'abandonner le tour 1950 à cause d'un supporter français qui voulut le poignarder ... En fait il s'agissait d'un paisible paysan qui mangeant son fromage à l'aide d'un couteau le brandit pour acclamer les coursiers ... Fioranzo Magni maillot jaune ayant toutes les chances de gagner le Tour aurait porté ombrage au vecchio dans la péninsule . Gino ordonna à la squadra de quitter le tour , elle le fit .

Hugo en plus de son charme avait la classe , la très grande classe , je dis que ce fut le joyau du vélo .


Amitiés et à + Grand !

Le Bourrin Ardéchois 30/09/2015 16:24

Grand spécialiste de l'histoire du cyclisme, et philosophe, et historien. Ce blog serait incomplet sans tes commentaires. On partage l'idée que Jan Ullrich avait quelque chose de Hugo Koblet, et j'en connais qui vont hurler. Ca reste anecdotique, contrairement aux actes que tu évoques.